Exploration en bicyclette

Dans mon dernier billet je me plain d’être loin du centre. Je me suis dis qu’après tout, il faut savoir s’adapter. Alors j’ai mis au placard toutes les attentes que j’avais par rapport à Shanghai, et je me met en tête d’explorer les environs.

Il est bientôt 16h00, je n’ai pas de travail urgent à faire ce soir. Un joli soleil sans nuage est encore là pour une heure et demie. Ma foi, c’est parti ! Un coup de Google Map, je trouve un premier point intéressant à visiter : Huangdu park. C’est le parc le plus proche de l’hôtel, à moins d’un kilomètre.

J’emporte mon appareil photo, mon portable avec GPS, j’enfourche ma bicyclette et à moi la Chine ! Je passe derrière l’hôtel. Voici un premier cliché. Il y a énormément de canaux dans les environs.

Je trouve le parc sans problème, gare mon vélo à l’entrée et part me balader. Le parc est pas mal du tout, bien entretenu, calme. De nombreux bancs mais peu de monde pour les occuper.

J’ai tout de même trouvé Monsieur et son journal, et quelques passants.

Pour finir sur le parc, j’ai bien aimé ce tunnel de bambous.

Bon j’ai rapidement fait le tour, j’ai pris un peu le temps de savourer un calme relatif  : il y a une usine de sidérurgie attenante au parc. Mais une chose tout de même : je ne peux pas espérer passer inaperçu. Incroyable à quel point les chinois me dévisagent. J’y suis déjà habitué, mais pas à ce point là ! Alors que d’habitude j’en rigole, là j’étais mal à l’aise… J’ai d’ailleurs commencé un article à ce sujet, c’est dans les cartons ;)

Mais je me laisse pas démonter et je remonte sur mon joli vélo à panier. Cette fois-ci pas de but précis, juste vagabonder dans Huangdu. J’ai pas été déçu…

Je m’engage dans une petite ruelle qui de l’extérieur à l’air animée et colorée. Passé quelques mètres, ça m’a fait tout drôle. En premier lieu, les gens me regardaient comme si je venais de Mars ou de Jupiter ! De mon côté j’essayais d’arborer un air aimable et respectueux mais je pense que je devais plutôt avoir l’air sidéré.

En fait la pauvreté on nous apprend ce que c’est depuis tout petit. On a vu plein de photos, de vidéos, d’articles dans les journaux. On a docilement apprit à l’école ce qu’est un bidon ville, une favelas. Mais Je n’avais jamais vu un quartier si démuni mes propres yeux. J’étais éberlué. Et encore, je suis resté dans l’allée principale. Tous les 20 mètres, des venelles serpentent entre les bâtisses de chaque côté de la route. Je n’osais pas sortir mon appareil photo alors que tout le monde m’épiait et se demandait ce que je faisais là. Mais j’ai tout de même pu prendre deux clichés lorsque j’ai été un peu plus tranquille.

Elles ont été prises à la va-vite, je voulais éviter de faire le touriste. Au fur et à mesure que je m’engouffre dans cette ruelle de campagne chinoise, je me sens de moins en moins à ma place. Un peu plus loin on vent des poulets, déjà cuits, ou pas. J’aperçois un petit restaurant, une poule dans une cage à même le sol, des gamins qui courent. Tout le monde me dévisage… Un vielle homme rempli des jarres d’eau, une femme jette une bassine d’un liquide brunâtre en criant gare. Ne sachant pas où débouche cette rue aux miracles, je craignais de me retrouver dans je ne sais quel endroit des bas-fond de la campagne chinoise, je décide de faire demi-tour. Pourtant je sais entre en sécurité, tout le monde m’a répété que la Chine est sûre. Je ne me sentais pas menacé, mais en décalage total. Je pense que c’est surtout que je ne m’attendais pas à ça, j’ai été surpris.

Je reviens sur mes pas et décide de rester sur de plus grands axes. Il n’en reste pas moins que même dans ces rues plus larges et plus commerçantes, je suis toujours dans la campagne. De toute ma balade je n’ai pas croisé un seul étranger, alors qu’on en croise tout les 100 mètre au centre ville. J’étais tout de même un peu plus à l’aise pour jouer au touriste.

A ce croisement je sors mon téléphone pour utiliser mon GPS, je décide de couper au plus court, advienne que pourra. Je tombe dans une rue plus industrielle. A ma droite comme à ma gauche on découpe, lime, assemble des morceaux de ferraille  pour en faire des portillons par exemple. Des étincelles de métal en fusion jaillissent dans un vacarme strident. Une fois de plus, je n’ose pas m’arrêter en pleine rue et prendre en photo ces chinois affairés. Je me permet juste un cliché ou deux, mal cadrés, mauvaise prise de vue…

J’ai presque fini ma boucle. Je passe devant une dernière rue très animée, mais j’ai eu ma dose de regards scrutateurs pour la journée, je ne m’y engouffre pas. Je serai plus aventureux la prochaine fois :)

Je retrouve enfin la voie rapide qui me ramène à l’hôtel. Plutôt que de passer comme d’habitude par l’entrée principale, je passe par une entrée secondaire. C’est un peu spécial, il semblerait que je traverse une fabrique de matériaux médicaux. Vu l’état des bâtiments, j’espère qu’ils fabriquent les lits et non pas les seringues. A nouveau un canal. Je m’arrête sur le pont examine les bâtiments délabrés et me demande où je suis.

Je suis à 30 mètres de ma chambre. Littéralement.

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4 réflexions au sujet de « Exploration en bicyclette »

  1. Rien de tel qu’une balade à vélo pour découvrir le monde. Belle expérimentation en tout cas et très belle naration

  2. haaa enfin je peu relire tes aventures ! mon pc corei5 à 800€ a grillé total… ca m’enerve moi qui pensai que c t du bon matos ! le pire c’est que je pensai recemment a ton conseil de l’ouvrir pour le depoussierer… la j’ai perdu mon tel… heureusement il me reste mon lecteur mp3 mdr car je me sent tout perdu sans mes outils de tous les jours !
    c’est fou comme on est surhabitué a ca ! et encore heureusement qu’il y a les amis pour passer des coup de fil etc

    enfin bref merci encore pour tes billets super chouettes ! ca fait un peu comme si je lisai un livre dont mon frere est la hero !

    pour les ruelles delabrées j’ai connu ca au maroc aussi et ouai ca fait mal… et encore il existe pire !

  3. Ah, je savais pas que tu lisais mon blog Sylvain, ça fait plaisir. En tout cas oui, la télé ne remplacera jamais le fait de voir les choses par ses propres yeux. Ce soir (enfin, 17:00, les chinois mangent super tôt) je vais tester un restau dans le même quartier que j’ai visité dans cet article. Je serai accompagné de quelqu’un cette fois-ci, mais je me demande bien ce que ça va donner !

    Ah nan Éric, comment c’est trop dommage d’avoir perdu 800€ de matos juste à cause d’un peu de poussière :( Paix à son processeur. Mais surtout que tu as un chien ! Ca joue énormément !

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