Voyage solo à Kenting

Cette semaine je décide de quitter Taipei pour aller faire un tour dans le sud de l’île. D’après ce que l’on me dit on y trouve de jolies plages, des cocotiers et une jungle luxuriante. Il ne m’en faut pas plus : j’ai déjà réservé train et hôtel !

Je commence mon voyage solo en prenant le High Speed Rail, le train à grande vitesse taïwanais. Le train avale 345 km en 1h30 ! Tailler à travers la montagne à 300 km/h, agréable sensation : on surfe sur la montagne, la plupart du temps sur des viaducs (73% du trajet) et quelques fois à travers des tunnels (18%). Je traverse aussi de gigantesques lits de rivières, capables d’absorber des crues torrentielles. Cette ligne de train à coûté 18 milliards de dollars américains. Et oui, ne coupe pas à travers la montagne qui veut…

HSR

Une fois arrivé à Kaoshiung, je cherche un bus qui va me mener jusqu’à la pointe sud de l’île dans le parc national de Kenting. Je suis en train d’examiner un arrêt de bus en mandarin lorsqu’un taïwanais d’une quarantaine d’année présentant un bel embonpoint me saute dessus : 

– 你去哪里?(Où allez vous ?)

– 我去垦丁 !(Je vais à Kenting)

Je ne peux m’empêcher de fixer sa bouche dont les dents et les gencives sont rouges vif. C’est très spécial, on dirait un vampire qui vient de prendre son repas ! C’est en fait des noix d’arec que certains asiatiques ont l’habitude de mâchouiller à longueur de journée. Ça donne de l’énergie il semblerait.

Mais ici s’arrêtent mes compétences en terme de mandarin. Au bout d’un moment je finis par comprendre que c’est un chauffeur de « fake taxi » comme je me plaît à les appeler, des chauffeurs qui louent leur service de façon totalement officieuse et non réglementée. Je préfère décliner son offre (il était tenace le bougre !!)  et m’en tenir à mon plan de route. Deux heures et demi plus tard, j’arrive à Hengchun grâce au Kenting Express Bus.

hengchun street

Un p’tit coup de GPS pour me diriger vers mon auberge, je marche 10 minutes le long du rue très animée et fini par trouver, non sans difficulté, mon auberge dans une ruelle complètement paumée. Et oui, budget étudiant oblige, j’ai fait des économies drastiques sur le logement et je me retrouve dans une pièce de 5 m² composée d’un lit simple et … d’une LED au plafond. Grand luxe : j’ai une fenêtre non ouvrable qui donne sur une cour remplie de détritus. Les sanitaires sont communs et super simples à trouver : il suffit de descendre au sous sol. L’intimité des douches se résume à un rideau (parfois commun à deux douches, ça fait des surprises sympa), celle des toilettes à quelques planches en bois. Vous l’aurez compris : opulence, somptuosité et splendeur sont les maîtres mots. Mais je ne suis pas mécontent de mon sort : j’ai déjà une chance folle de pouvoir voyager, on reviendra sur le logement quand j’aurai un vrai salaire ! Tout cela n’est qu’accessoire.

Commencent alors mes 4 jours de découverte de ce parc national. Ma première destination est la plage, bien évidemment ! Je prend un bus qui me dépose à Nanwan en 10 bonnes minutes. La plage est bondée, remplie de parasols. Je me rend compte alors que j’ai fait une erreur tactique : j’ai pris bien trop d’affaires sur moi, je me trimbale un sac et même mon passeport, quelle erreur : je ne peux pas aller nager ! Je prend quelques photos…

Nanwan beach, kentingIl est temps que je fasse connaissance. Je repère un groupe de jeune qui me semble de confiance, les salut en chinois, puis en anglais. Il acceptent de garder un œil sur mon sac, génial ! Pour la première fois je me baigne dans la mer de Chine méridionale, la température de l’eau est douce avec de beaux rouleaux.

Sans aucun doute, le plus grand avantage de voyager seul est qu’il est très facile de rencontrer du monde. J’ai passé le plus clair de mon temps à papoter, échanger des idées, des cultures et … des bières ! Ce soir là j’ai rencontré un groupe de taïwanais originaire de Kaoshiung la grosse ville du sud. Bon vivants et facilement abordables, ces jeunes sont employés de restaurants ou vendeurs de marché. Ils s’offrent quelques jours de vacances et m’accueillent à bras ouverts, un étranger dans le groupe ça change de l’ordinaire. Très très peu d’étrangers ici, à Kenting. En 4 jours, je n’en ai croisé que 3 !

On se sépare quelques heures, le temps de prendre une douche et de manger un morceau. Après un rapide retour à mon hôtel de luxe, je vadrouille dans la rue principale de Kenting où il y a un marché de nuit. Les taïwanais sont friands des marchés nocturnes ! On y trouve de tout. Celui-ci est un mélange entre fête foraine et de marché classique. Jeux de massacre côtoient stands de poulet frit. On ne voit pas trop sur la photo, mais c’est noir de monde.

Kenting Street

Sur le bord de la route un bar ambulant, je m’y arrête bien sûr. Le barman est super, un taïwanais qui rêve de partir en Australie et me raconte un peu son parcours. Naturellement, je papote avec les personnes autour de moi. Un taïwanais retient mon attention : celui-ci est en école de design. Il essaye tant bien que mal d’avoir un air de gros dur lorsqu’il me dit qu’il ne lui reste plus quelques semaines avant le début de son service militaire. Mais sa carrure ne l’aide pas. A Taïwan, le service est de 11 mois : les jeunes doivent s’y plier généralement à la fin de leur études, avant leur vie active. Il m’explique qu’il considère ce service bénéfique pour son développement personnel mais il n’a pourtant pas l’air très enjoué à cette idée. D’un coup me revient à l’esprit qu’il y a quelques années cette île était le centre de grandes tensions internationales.

Je retrouve enfin ceux que j’avais rencontré plus tôt sur la plage. Je commande un cocktail fruit de la passion, les discussions vont bon train. 

Bar KentingAprès cette photo souvenir, on décide de retourner à la plage armés d’un pack de bière pour aller piquer une dernière tête.

C’est le milieu de la nuit, la plage est à nous !

 

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Gros typhon en approche !

Lors de mon précédent séjour à Taïwan, j’avais déjà eu l’occasion de vivre un typhon. Pour rappel, un typhon c’est la même chose qu’un cyclone ou un ouragan, ce sont juste des synonymes régionaux. Deux choses : du vent et de la pluie. Beaucoup. Suivant la catégorie de typhon, le vent peut aller de 60 à plus de 250Km/h ! Pluies considérables, inondations, glissements de terrain…

Celui d’il y a un an, c’était un tout petit qui passait assez loin. De la fenêtre de la où je logeais, je n’ai vu qu’un gros orage.

Mais voilà qu’avant-hier j’apprend que mon week-end risque de tomber à l’eau (quel boute-en-train ce Pierre) à cause d’un nouveau typhon en approche, Soulik. Hier il était classé catégorie 4, c’est juste en dessous des super typhons (le maximum), autrement dit, du gros, du lourd ! Aux alentours de l’œil du typhon, là où les vents sont les plus violents, il faudra s’accrocher car les vents sont compris entre 210 et 250km/h. Imaginez votre voiture lancée à toute allure sur l’autoroute, à 130 km/h. Sortez la tête par la fenêtre pour voir… Maintenant imaginez le double de cette vitesse ! Ajoutez à cela une pluie littéralement torrentielle qui vous trempe en 5 secondes chrono : vous avez un aperçu de ce que je risque de vivre dans 36 heures.

Et oui, non seulement ce typhon est énorme et très puissant, mais en plus il va passer droit sur Taipei, là où je me trouve. En plein dessus !

soulikComme vous pouvez le voir sur cette image, quand il arrivera sur Taipei il va probablement décroître d’une catégorie (et tomber à 3) et ses vents seront plutôt aux alentours de 200km/h. Ouais, ça change pas grand chose….

Du coup je suis très intrigué et je me suis documenté. Il est intéressant de savoir que le typhon le plus meurtrier de l’histoire de Taïwan était Morakot en 2009. Il est passé en plein sur l’île et à fait 600 victimes.

C’était un typhon de catégorie 1.

Aujourd’hui le gouvernement taïwanais a déjà fait évacuer 2 300 logeant sur la côte, il faut savoir que des vagues de plus de 10 mètres sont attendues !

Bon, maintenant que j’ai bien fait monter la mayonnaise, il est temps de relativiser. Certes, c’est un gros typhon, il passe en plein sur Taipei. Mais c’est courant… chaque été plusieurs typhons passent sur ou à proximité de l’île. Les typhon de catégorie 4 ou 5 ne sont pas si rare que ça (un tous les 2 ans d’après mon amie). L’immeuble dans lequel je me trouve a déjà fait ses preuves maintes et maintes fois et il est situé sur une colline. Ma famille d’accueil est sereine. En gros, tant que l’envie subite d’acheter une bière au 7-11 du coin ne me prend pas au beau milieu de la tempête, je ne risque pas grand chose. De plus, il est normalement prévu que je m’échappe de la capitale pour aller un peu plus vers le sud, dans les gorges de Taroko et donc m’éloigner de la tempête une douzaine d’heures avant qu’elle n’éclate. Tout dépend de mon train s’il sera annulé ou pas.

Comment ça, aller dans des gorges lors d’un typhon n’est pas une bonne idée ? :)

Au revoir la Chine, bonjour Taïwan !

Ça y est, j’ai quitté la Chine communiste de Mao Zedong pour rejoindre la république démocratique de Tchang Kaï-chek ! C’est avec un grand plaisir que je retourne dans cette île très séduisante par beaucoup d’aspects.

Dès les premières heures, les différences avec la Chine continentale me frappent déjà. Certes, ce n’est pas mon premier séjour à Taïwan, mais au bout de 10 mois je m’étais habitué au standard chinois.

Première chose, le bruit. Ici les gens parlent tout bas. On ne vocifère pas, on n’hurle pas dans son téléphone, on n’appelle pas la serveuse en s’époumonant, bref, on respecte les gens autour de soit. Ahhhh, quel confort pour mes oreilles ! Deuxième point qui m’interpelle : les gens sont très polis et éduqués. J’ai passé presque un an en Chine et a aucun moment un badaud chinois ne m’a souhaité la bienvenue dans son pays. En 48h on me l’a souhaité 3 fois ici, à Taïwan. Je cherche des yeux une poubelle, quelqu’un m’en indique déjà une. Les gens ne crachent pas, ou très peu. La seul cas où j’ai eu droit à de pareilles considérations avec des inconnus en Chine, c’est lorsqu’il y a de l’argent en jeu et rien d’autre !

La Chine ne tient pas non plus la comparaison sur les infrastructures, la propreté ou les transports. J’ai été impressionné par les bus publiques flambants neufs avec sièges en simili-cuir larges et confortables, le tout climatisé bien sûr.

Taipei

Mais bon, tout ça on le savait déjà, rien de nouveau sous le soleil.

Le soleil ? Ah oui ! le soleil !

J’avais oublié à quel point il fait chaud, très chaud à Taïwan ! Alors que j’arrivais tant bien que mal à supporter 35°C à Shanghai, ici cette même température se transforme en 42°C en température ressentie à cause de l’humidité. Depuis que je suis arrivé, l’humidité oscille entre 60% en journée et 90% la nuit. C’est étouffant. Heureusement tout est climatisé, mais je me demande bien comment faisaient les taïwanais quelques décennies auparavant…

Voilà, le cadre est posé, c’est partit pour 3 semaines !

Demain je prend le train en voyage solo pour le sud de l’île, j’espère y trouver de belles plages :)