Voyage solo à Kenting

Cette semaine je décide de quitter Taipei pour aller faire un tour dans le sud de l’île. D’après ce que l’on me dit on y trouve de jolies plages, des cocotiers et une jungle luxuriante. Il ne m’en faut pas plus : j’ai déjà réservé train et hôtel !

Je commence mon voyage solo en prenant le High Speed Rail, le train à grande vitesse taïwanais. Le train avale 345 km en 1h30 ! Tailler à travers la montagne à 300 km/h, agréable sensation : on surfe sur la montagne, la plupart du temps sur des viaducs (73% du trajet) et quelques fois à travers des tunnels (18%). Je traverse aussi de gigantesques lits de rivières, capables d’absorber des crues torrentielles. Cette ligne de train à coûté 18 milliards de dollars américains. Et oui, ne coupe pas à travers la montagne qui veut…

HSR

Une fois arrivé à Kaoshiung, je cherche un bus qui va me mener jusqu’à la pointe sud de l’île dans le parc national de Kenting. Je suis en train d’examiner un arrêt de bus en mandarin lorsqu’un taïwanais d’une quarantaine d’année présentant un bel embonpoint me saute dessus : 

– 你去哪里?(Où allez vous ?)

– 我去垦丁 !(Je vais à Kenting)

Je ne peux m’empêcher de fixer sa bouche dont les dents et les gencives sont rouges vif. C’est très spécial, on dirait un vampire qui vient de prendre son repas ! C’est en fait des noix d’arec que certains asiatiques ont l’habitude de mâchouiller à longueur de journée. Ça donne de l’énergie il semblerait.

Mais ici s’arrêtent mes compétences en terme de mandarin. Au bout d’un moment je finis par comprendre que c’est un chauffeur de « fake taxi » comme je me plaît à les appeler, des chauffeurs qui louent leur service de façon totalement officieuse et non réglementée. Je préfère décliner son offre (il était tenace le bougre !!)  et m’en tenir à mon plan de route. Deux heures et demi plus tard, j’arrive à Hengchun grâce au Kenting Express Bus.

hengchun street

Un p’tit coup de GPS pour me diriger vers mon auberge, je marche 10 minutes le long du rue très animée et fini par trouver, non sans difficulté, mon auberge dans une ruelle complètement paumée. Et oui, budget étudiant oblige, j’ai fait des économies drastiques sur le logement et je me retrouve dans une pièce de 5 m² composée d’un lit simple et … d’une LED au plafond. Grand luxe : j’ai une fenêtre non ouvrable qui donne sur une cour remplie de détritus. Les sanitaires sont communs et super simples à trouver : il suffit de descendre au sous sol. L’intimité des douches se résume à un rideau (parfois commun à deux douches, ça fait des surprises sympa), celle des toilettes à quelques planches en bois. Vous l’aurez compris : opulence, somptuosité et splendeur sont les maîtres mots. Mais je ne suis pas mécontent de mon sort : j’ai déjà une chance folle de pouvoir voyager, on reviendra sur le logement quand j’aurai un vrai salaire ! Tout cela n’est qu’accessoire.

Commencent alors mes 4 jours de découverte de ce parc national. Ma première destination est la plage, bien évidemment ! Je prend un bus qui me dépose à Nanwan en 10 bonnes minutes. La plage est bondée, remplie de parasols. Je me rend compte alors que j’ai fait une erreur tactique : j’ai pris bien trop d’affaires sur moi, je me trimbale un sac et même mon passeport, quelle erreur : je ne peux pas aller nager ! Je prend quelques photos…

Nanwan beach, kentingIl est temps que je fasse connaissance. Je repère un groupe de jeune qui me semble de confiance, les salut en chinois, puis en anglais. Il acceptent de garder un œil sur mon sac, génial ! Pour la première fois je me baigne dans la mer de Chine méridionale, la température de l’eau est douce avec de beaux rouleaux.

Sans aucun doute, le plus grand avantage de voyager seul est qu’il est très facile de rencontrer du monde. J’ai passé le plus clair de mon temps à papoter, échanger des idées, des cultures et … des bières ! Ce soir là j’ai rencontré un groupe de taïwanais originaire de Kaoshiung la grosse ville du sud. Bon vivants et facilement abordables, ces jeunes sont employés de restaurants ou vendeurs de marché. Ils s’offrent quelques jours de vacances et m’accueillent à bras ouverts, un étranger dans le groupe ça change de l’ordinaire. Très très peu d’étrangers ici, à Kenting. En 4 jours, je n’en ai croisé que 3 !

On se sépare quelques heures, le temps de prendre une douche et de manger un morceau. Après un rapide retour à mon hôtel de luxe, je vadrouille dans la rue principale de Kenting où il y a un marché de nuit. Les taïwanais sont friands des marchés nocturnes ! On y trouve de tout. Celui-ci est un mélange entre fête foraine et de marché classique. Jeux de massacre côtoient stands de poulet frit. On ne voit pas trop sur la photo, mais c’est noir de monde.

Kenting Street

Sur le bord de la route un bar ambulant, je m’y arrête bien sûr. Le barman est super, un taïwanais qui rêve de partir en Australie et me raconte un peu son parcours. Naturellement, je papote avec les personnes autour de moi. Un taïwanais retient mon attention : celui-ci est en école de design. Il essaye tant bien que mal d’avoir un air de gros dur lorsqu’il me dit qu’il ne lui reste plus quelques semaines avant le début de son service militaire. Mais sa carrure ne l’aide pas. A Taïwan, le service est de 11 mois : les jeunes doivent s’y plier généralement à la fin de leur études, avant leur vie active. Il m’explique qu’il considère ce service bénéfique pour son développement personnel mais il n’a pourtant pas l’air très enjoué à cette idée. D’un coup me revient à l’esprit qu’il y a quelques années cette île était le centre de grandes tensions internationales.

Je retrouve enfin ceux que j’avais rencontré plus tôt sur la plage. Je commande un cocktail fruit de la passion, les discussions vont bon train. 

Bar KentingAprès cette photo souvenir, on décide de retourner à la plage armés d’un pack de bière pour aller piquer une dernière tête.

C’est le milieu de la nuit, la plage est à nous !

 

Gros typhon en approche !

Lors de mon précédent séjour à Taïwan, j’avais déjà eu l’occasion de vivre un typhon. Pour rappel, un typhon c’est la même chose qu’un cyclone ou un ouragan, ce sont juste des synonymes régionaux. Deux choses : du vent et de la pluie. Beaucoup. Suivant la catégorie de typhon, le vent peut aller de 60 à plus de 250Km/h ! Pluies considérables, inondations, glissements de terrain…

Celui d’il y a un an, c’était un tout petit qui passait assez loin. De la fenêtre de la où je logeais, je n’ai vu qu’un gros orage.

Mais voilà qu’avant-hier j’apprend que mon week-end risque de tomber à l’eau (quel boute-en-train ce Pierre) à cause d’un nouveau typhon en approche, Soulik. Hier il était classé catégorie 4, c’est juste en dessous des super typhons (le maximum), autrement dit, du gros, du lourd ! Aux alentours de l’œil du typhon, là où les vents sont les plus violents, il faudra s’accrocher car les vents sont compris entre 210 et 250km/h. Imaginez votre voiture lancée à toute allure sur l’autoroute, à 130 km/h. Sortez la tête par la fenêtre pour voir… Maintenant imaginez le double de cette vitesse ! Ajoutez à cela une pluie littéralement torrentielle qui vous trempe en 5 secondes chrono : vous avez un aperçu de ce que je risque de vivre dans 36 heures.

Et oui, non seulement ce typhon est énorme et très puissant, mais en plus il va passer droit sur Taipei, là où je me trouve. En plein dessus !

soulikComme vous pouvez le voir sur cette image, quand il arrivera sur Taipei il va probablement décroître d’une catégorie (et tomber à 3) et ses vents seront plutôt aux alentours de 200km/h. Ouais, ça change pas grand chose….

Du coup je suis très intrigué et je me suis documenté. Il est intéressant de savoir que le typhon le plus meurtrier de l’histoire de Taïwan était Morakot en 2009. Il est passé en plein sur l’île et à fait 600 victimes.

C’était un typhon de catégorie 1.

Aujourd’hui le gouvernement taïwanais a déjà fait évacuer 2 300 logeant sur la côte, il faut savoir que des vagues de plus de 10 mètres sont attendues !

Bon, maintenant que j’ai bien fait monter la mayonnaise, il est temps de relativiser. Certes, c’est un gros typhon, il passe en plein sur Taipei. Mais c’est courant… chaque été plusieurs typhons passent sur ou à proximité de l’île. Les typhon de catégorie 4 ou 5 ne sont pas si rare que ça (un tous les 2 ans d’après mon amie). L’immeuble dans lequel je me trouve a déjà fait ses preuves maintes et maintes fois et il est situé sur une colline. Ma famille d’accueil est sereine. En gros, tant que l’envie subite d’acheter une bière au 7-11 du coin ne me prend pas au beau milieu de la tempête, je ne risque pas grand chose. De plus, il est normalement prévu que je m’échappe de la capitale pour aller un peu plus vers le sud, dans les gorges de Taroko et donc m’éloigner de la tempête une douzaine d’heures avant qu’elle n’éclate. Tout dépend de mon train s’il sera annulé ou pas.

Comment ça, aller dans des gorges lors d’un typhon n’est pas une bonne idée ? :)

Au revoir la Chine, bonjour Taïwan !

Ça y est, j’ai quitté la Chine communiste de Mao Zedong pour rejoindre la république démocratique de Tchang Kaï-chek ! C’est avec un grand plaisir que je retourne dans cette île très séduisante par beaucoup d’aspects.

Dès les premières heures, les différences avec la Chine continentale me frappent déjà. Certes, ce n’est pas mon premier séjour à Taïwan, mais au bout de 10 mois je m’étais habitué au standard chinois.

Première chose, le bruit. Ici les gens parlent tout bas. On ne vocifère pas, on n’hurle pas dans son téléphone, on n’appelle pas la serveuse en s’époumonant, bref, on respecte les gens autour de soit. Ahhhh, quel confort pour mes oreilles ! Deuxième point qui m’interpelle : les gens sont très polis et éduqués. J’ai passé presque un an en Chine et a aucun moment un badaud chinois ne m’a souhaité la bienvenue dans son pays. En 48h on me l’a souhaité 3 fois ici, à Taïwan. Je cherche des yeux une poubelle, quelqu’un m’en indique déjà une. Les gens ne crachent pas, ou très peu. La seul cas où j’ai eu droit à de pareilles considérations avec des inconnus en Chine, c’est lorsqu’il y a de l’argent en jeu et rien d’autre !

La Chine ne tient pas non plus la comparaison sur les infrastructures, la propreté ou les transports. J’ai été impressionné par les bus publiques flambants neufs avec sièges en simili-cuir larges et confortables, le tout climatisé bien sûr.

Taipei

Mais bon, tout ça on le savait déjà, rien de nouveau sous le soleil.

Le soleil ? Ah oui ! le soleil !

J’avais oublié à quel point il fait chaud, très chaud à Taïwan ! Alors que j’arrivais tant bien que mal à supporter 35°C à Shanghai, ici cette même température se transforme en 42°C en température ressentie à cause de l’humidité. Depuis que je suis arrivé, l’humidité oscille entre 60% en journée et 90% la nuit. C’est étouffant. Heureusement tout est climatisé, mais je me demande bien comment faisaient les taïwanais quelques décennies auparavant…

Voilà, le cadre est posé, c’est partit pour 3 semaines !

Demain je prend le train en voyage solo pour le sud de l’île, j’espère y trouver de belles plages :)

Sources d’eau chaude

Il me reste encore deux sujets sur mes vacances à Taïwan à partager avec vous : les sources d’eau chaude et le National Palace Muséum.

Dans un article précédent, je vous parlais des chutes d’eau de Yilan. La journée ne s’était pas terminée là et une fois rentré en taxi vers le centre ville, nous nous sommes dirigés vers la gare ferroviaire où j’y ai pris mon premier train taïwanais !

Nous avons juste eu le temps d’acheter quelques « dumplings » avant de prendre le train. Ceux-ci étaient fris, c’est comme ça que je les préfère. Sinon il en existe cuit à l’eau, le tout avec une infinité de farces différentes…

Simple petite curiosité, un élément de décoration dans la gare. J’ai trouvé très original ce pneu accroché à un poteau qui faisait office de pot de fleur. En général les plantes ont pour but de rendre l’espace plus agréable… Mais l’idée de décorer la gare avec des pneus usagés, je n’ai pas été convaincu, bien que très amusé :)

Les trains sont par contre impeccables ! Autant à l’intérieur qu’à l’extérieur il semblait sortir tout droit de l’usine. Le coup de sifflet est donné. A une vitesse modéré, on s’enfonce encore plus loin dans les montagnes en s’arrêtant de gare en gare. Le paysage est dépareillé, mais ce sont principalement de petites bâtisses séparées par des rizières ou d’autres cultures. Je vous partagerai une vidéo du paysage si ma connexion internet s’améliore.

Nous arrivons en gare d’une petite ville cernée par les montagnes. L’ambiance est vraiment différente qu’à la capitale, on sent qu’on est à la campagne… Moins habitués à voir des occidentaux, je me fait dévisager ouvertement ! Je vous reparlerai d’ailleurs de ces nombreux regards ébahis  dans un prochain article :) Quelques centaines de mètres plus loin, on arrive à notre lieu de destination. Je ne sais pas si je peux appeler cela des thermes ou un hôtel. J’ai été très surpris de l’énorme contraste entre le luxe évident de l’hôtel, et la petite ville campagnarde taïwanaise…

Lorsque nous franchissons la porte d’entrée, c’est le branle-bas de combat : une ribambelle de jolies filles en tailleur parfaitement ajustés se mettent en position et nous adressent leur plus beau sourire. Nous sommes reçus comme des rois. Pour cinquante euros, nous prenons une salle privée pour toute une après-midi. Une charmante jeune fille nos accompagne à travers les nombreux couloirs et nous voilà arrivés.

A l’intérieur de notre « chambre » nous trouvons deux grandes baignoires alimentées par les sources d’eau avoisinantes. Chaude ou froide, ce dernier point étant très important car je ne sais pas si vous vous souvenez mais à ce moment là j’ai le dos calciné par le soleil. Nous avions peur que je ne supporte pas une eau trop chaude. On y trouve aussi une douche, un canapé, une télé, une bouilloire…

Nous avons désormais toute l’après midi pour nous prélasser. Les baignoires sont très spacieuse, on peut presque nager dedans et l’eau était légèrement jaune, probablement sulfureuse.

Taïwan est très réputé pour ses sources d’eau chaude, il existe plus de cent sources à travers le pays et elles sont d’une grande variété. Il en existe donc des sulfureuses (rend la peau douce), mais aussi ferreuse, de boue, chaude ou froide… Plus d’info sur wikipédia (anglais).

Avant de se quitter un cliché de Shannon devant la porte menant à la piscine de l’hôtel. La qualité est médiocre, mais c’est juste pour vous montrer le luxe dans lequel on a baigné toute l’après midi :) (pour 50 euros…)

Pour rentrer chez nous il ne nous restait plus qu’à reprendre le train en sens inverse puis prendre un bus qui en une heure nous déposa au centre de la capitale.

Chutes d’eau à Yilan

Nouveau retour sur les vacances à Taïwan.

Le 3 septembre, Shannon a utilisé ses talents pour nous concocter une superbe journée de détente : en première partie, visite des chutes d’eau de Yilan. L’après midi était quant à lui consacré aux sources d’eau chaudes.

Une fois de plus nous utilisons le bus comme moyen de transport. J’ai pour souvenir que celui-ci était très propre, récent, sièges larges, climatisé…

Les chutes d’eau Wufengchi sont nichées dans les montagnes. Nous prenons une petite navette pour nous y enfoncer. Après avoir monté une première longue volée de marches, on trouve un petit marché. Il faut dire que le lieu est assez touristique bien que je n’y ai croisé que très peu d’occidental. Shannon y achète une sorte de glace agrémentée de … heu… le mieux c’est que vous voyez par vous même.

A gauche de Shannon, vous distinguez un gros bloc avec un rabot dessus. La vendeuse rabote ce bloc et les copeaux sont utilisés pour compléter deux boules de glace (qui sur cette photo ne sont pas encore arrivées).

Les chutes d’eau sont divisées en trois niveaux. De la plus petite à la plus grande. La première je ne sais pas si ça mérite le terme de chute d’eau, mais le cadre est magnifique.

Le deuxième niveau est déjà plus impressionnant.

On s’arrête un moment pour faire trempette. L’eau fraîche ça fait du bien avec cette chaleur. Tout autour c’est une végétation ultra dense, la moindre parcelle de soleil est utilisée à 100% par les végétaux. Ahhhh, un peu de nature…

Puis on reprend les escaliers pour atteindre le troisième et dernier niveau. Je suis impatient de découvrir une énorme chute d’eau ! Mais pas de chance, elle est fermé à cause des dégâts du précédent typhon. J’imagine que le sentier à subit un petit glissement de terrain… Tant pis, on aura quand même eu une excellente balade à travers la jungle montagneuse !

Ensuite j’ai endossé mon rôle d’occidental : une fois redescendu j’ai appelé un taxi pour retourner en ville et continuer notre journée. J’en ai eu pour 3 euros… :)

Avant de se quitter, voici tout de même un aperçu du troisième niveau que j’ai réussi à avoir à travers la végétation.

A suivre un petit article sur les sources d’eau chaudes à Taïwan.

Jiufen

Petit retour sur les vacances à Taïwan.

Dans un article précédent je vous raconte mes péripéties à la baie de Longdong. Juste après avoir mangé dans un petit restaurant qui servait des plats avec des algues, nous avons pris le bus direction Jiufen.

Jiufen est une petite ville qui a connu une expansion éclair. C’était au départ quelques familles tranquilles dans la montagne, mais le lieu étant magnifique et surtout son dédale de petites ruelle pittoresques l’on transformé en petite ville.

On s’engouffre dans une petite rue, à ciel couvert. Il y a énormément de monde, c’est une destination très touristique. Les japonais semblent adorer l’endroit !

Tout le long il y a mille et une petites boutiques qui vendent de tout : nourriture, bibelots, boissons, vêtements, chaussures…. un marché en somme, mais permanent.

Quelques clichés.

Je suis tombé sur quelques curiosités : comme une énorme marmite dans laquelle on cuisait un truc noir et l’ustensile utilisé pour remuer n’était autre qu’une pelle… Le genre de pelle pour creuser des trous, oui… J’avais moins faim d’un coup. La mixture était en train de cuire et de grosse bulles éclataient à la surface, me rappelant la potion magique de notre cher druide Panoramix.

Je continue de suivre mes guides à travers ce labyrinthe de ruelles. Shannon, son frère, Shion et son copain me guident. Après une bifurcation sur la droite, on se retrouve dans un petit restaurant dont la carte se limite à quelques spécialités. L’on m’apprend alors que nous sommes sur le point de commander un dessert froid à base de haricots rouges et d’une sorte de pâte que je pourrais comparer à la pâte d’amandes. La pâte est coupée en cubes. Une fois notre dessert en main, on continue de pénétrer dans les tréfonds du restaurant. Au bout d’un couloir, une salle relativement spacieuse où s’offre à nous une magnifique vue sur toute la montagne avoisinante.

En se rendant à la salle du fond, on passe par la « cuisine » où ils confectionnent la pâte. Faut juste ne pas être trop regardant sur les normes d’hygiène…

Voici la vue que nous offre la baie vitrée

C’est l’heure de la photo ! Les coups de soleil commencent à apparaître sur les avant bras !

Une fois notre succulent dessert terminé, on ressort et continue notre petite balade. On a pas trop traîné, notre journée avec été bien chargée. On prend juste le temps de faire quelques derniers clichés (vous avez vu la jolie fille que j’ai trouvé   ! ) et d’admirer la vue.

Et il est temps de reprendre le bus direction Taipei. Jiufen est une direction très touristique  nous étions un samedi : le bus était bondé. A un tel point qu’une dizaine de voyageurs, dont moi, avons dû faire une partie du voyage debout. Sachant que c’était un bus type scolaire avec uniquement de places assises. C’était particulier, surtout sur l’autoroute…

Avec le recul, à Taïwan j’étais déjà surpris par quelques règles de sécurité, d’hygiène… Maintenant que je suis arrivé en Chine je me rend compte que je n’étais pas au bout de mon étonnement. Taïwan est aussi propre qu’un bloc opératoire en comparaison de la Chine ! Promis, je vous en parle bientôt.

Randonnée subaquatique à la Longdong Bay

Aujourd’hui c’est samedi, on se permet une petite escapade en dehors de Taipei. Shannon est en week end, profitons-en ! Du coup on se planifie une journée assez chargée : randonnée subaquatique (c’est comme ça qu’on dit, sinon on utilise le terme anglais snorkeling) le matin, et visite d’une petite ville, Jiufen, l’après-midi.

C’est partit ! On prend le métro puis un bus qui nous emmène à deux pas du parc aquatique. Le bus semble vraiment un moyen de transport plus répandu que le train de chez nous. Notre réseau de chemin de fer et très dense, comparativement au leur. Quand on veut se déplacer pas trop loin, il semblerait que le bus soit plus courant.

Aussitôt descendu du bus climatisé, le soleil me frappe de plein fouet. Il fait un temps magnifique, le ciel est d’un bleu éclatant. On passe devant un temple, j’en ai d’ailleurs vu quelque uns le long de la route.

Sans attendre, je me rue alors sur la crème solaire, indice 50. Cou, visage, avant bras, jambes, je suis paré ! :) Quelques minutes après, on arrive au guichet du parc aquatique. Le coût de l’entrée est d’environ 100 NTD ( 2,5 € ). Nous voilà rentré. Voici Shannon qui brandit les ticket ! La baie est derrière elle.

Le parc n’est pas très rempli, peut-être parce que c’est la fin de l’été. Il y a du monde mais c’est respirable. On fait un petit tour pour voir les choix qui s’offrent à nous. Deux possibilités :

  •  nage libre avec masque et tuba, économique (~150 NTD, soit 4 euros)
  • nage en équipement de plongée complet, avec un pro pour nous aider, moins économique (700 NTD, soit 19 euros)

Ayant un programme chargé, on décide de choisir pour la première option. On a pas été déçus :)

Il nous reste plus qu’à aller cherche le matériel, on se change dans des vestiaires et cette fois on se jette à l’eau ! En parlant des vestiaires, ils étaient assez… vétustes… J’ai d’ailleurs croisé mon premier moustique tigre ! Vous savez, ceux qui véhiculent la dengue et d’autres joyeusetés… Remarquez, ce n’est peut-être pas le premier que je croise, mais le premier que j’identifie. Ils ont des stries noires et blanches.

Au moment d’aller dans l’eau, une superbe idée me vient à l’esprit : je vais enlever mon tee-shirt ! je serai tellement plus à l’aise pour nager ! J’oublie bien sur de me remettre une bonne couche de crème solaire, trop absorbé par l’océan, les poissons… ahahaha, la bonne idée…

La randonnée subaquatique commence alors. L’eau est bonne, on peut y rester des heures sans avoir froid. Une fois acclimaté à la respiration dans un tuba, je peux enfin me délecter des fonds marins. Je trouve quelques petits poissons,  qui ont la particularité d’avoir des couleurs très vives. Suivre des bancs était aussi amusant. Adorant les baignades je passe vraiment un excellent moment en découvrant la faune aquatique.

Au bout d’un moment, un taïwanais engage la conversation avec moi. En chinois bien-sûr. Je répond par un radieux : ni hao ! (bonjour, l’un des seuls mot que je connaisse…). Il comprend alors que ce qu’il me raconte pour moi c’est du chinois, et passe à l’anglais. Le monsieur fort sympathique me donne un bout de pain à donner aux poissons. Brillante idée ! Je me retrouve cerné par des dizaines voir des centaines de poissons multicolore ! Il se battent pour avoir un une bouchée du morceau que je tiens dans ma main. C’était vraiment magnifique…

Dernière anecdote, j’ai repéré ces fameux poissons qui se gonflent quand ils se sentent menacés. Un plaisir de les voir en vrai.

Maintenant les trucs moins drôles. Je suis resté pas loin de deux heures dans l’eau à chasser les poissons. Quand on regarde le fond sous marin, on a le dos à fleur d’eau. Il était entre midi et quatorze heures… J’avais la peau blanche blanche, première exposition (et dernière) au soleil de l’année. Pas de crème, qui de toute façon aurait fini par partir au bout d’un moment. Soleil taïwanais en pleine forme : 35 °C.

PAF, coup de soleil sur l’intégralité du dos, les épaules, les bras. Je deviens double face : rose/rouge derrière, blanc devant ! Je commence à me rendre compte de ma bêtise quand on se rend dans un petit restaurant en bord de la baie… Je m’en rendrai compte totalement le soir mais c’est probablement le pire coup de soleil que j’ai jamais eu. Autant par sa taille que son intensité. Le truc c’est que j’étais trop absorbé par mon activité, l’eau me rafraîchissant constamment le dos, je n’ai ressenti aucune sensation lorsque j’étais dans l’eau. Bon j’ai pas eu de cloque quand même, et heureusement !

On mange une soupe d’algues cultivées localement, un genre de burger aux légumes et un plat de boeuf aux algues. Pas mal ! Le dessert : une gelée (faite avec de l’agar-agar, encore une algue) qui avait un goût, ehm, spécial.

Je garde un excellent souvenir de cette matinée bien mon dos en porte encore les traces. Trois jours après, je peux à nouveau utiliser le dossier des chaises, c’est un progrès !