Gros typhon en approche !

Lors de mon précédent séjour à Taïwan, j’avais déjà eu l’occasion de vivre un typhon. Pour rappel, un typhon c’est la même chose qu’un cyclone ou un ouragan, ce sont juste des synonymes régionaux. Deux choses : du vent et de la pluie. Beaucoup. Suivant la catégorie de typhon, le vent peut aller de 60 à plus de 250Km/h ! Pluies considérables, inondations, glissements de terrain…

Celui d’il y a un an, c’était un tout petit qui passait assez loin. De la fenêtre de la où je logeais, je n’ai vu qu’un gros orage.

Mais voilà qu’avant-hier j’apprend que mon week-end risque de tomber à l’eau (quel boute-en-train ce Pierre) à cause d’un nouveau typhon en approche, Soulik. Hier il était classé catégorie 4, c’est juste en dessous des super typhons (le maximum), autrement dit, du gros, du lourd ! Aux alentours de l’œil du typhon, là où les vents sont les plus violents, il faudra s’accrocher car les vents sont compris entre 210 et 250km/h. Imaginez votre voiture lancée à toute allure sur l’autoroute, à 130 km/h. Sortez la tête par la fenêtre pour voir… Maintenant imaginez le double de cette vitesse ! Ajoutez à cela une pluie littéralement torrentielle qui vous trempe en 5 secondes chrono : vous avez un aperçu de ce que je risque de vivre dans 36 heures.

Et oui, non seulement ce typhon est énorme et très puissant, mais en plus il va passer droit sur Taipei, là où je me trouve. En plein dessus !

soulikComme vous pouvez le voir sur cette image, quand il arrivera sur Taipei il va probablement décroître d’une catégorie (et tomber à 3) et ses vents seront plutôt aux alentours de 200km/h. Ouais, ça change pas grand chose….

Du coup je suis très intrigué et je me suis documenté. Il est intéressant de savoir que le typhon le plus meurtrier de l’histoire de Taïwan était Morakot en 2009. Il est passé en plein sur l’île et à fait 600 victimes.

C’était un typhon de catégorie 1.

Aujourd’hui le gouvernement taïwanais a déjà fait évacuer 2 300 logeant sur la côte, il faut savoir que des vagues de plus de 10 mètres sont attendues !

Bon, maintenant que j’ai bien fait monter la mayonnaise, il est temps de relativiser. Certes, c’est un gros typhon, il passe en plein sur Taipei. Mais c’est courant… chaque été plusieurs typhons passent sur ou à proximité de l’île. Les typhon de catégorie 4 ou 5 ne sont pas si rare que ça (un tous les 2 ans d’après mon amie). L’immeuble dans lequel je me trouve a déjà fait ses preuves maintes et maintes fois et il est situé sur une colline. Ma famille d’accueil est sereine. En gros, tant que l’envie subite d’acheter une bière au 7-11 du coin ne me prend pas au beau milieu de la tempête, je ne risque pas grand chose. De plus, il est normalement prévu que je m’échappe de la capitale pour aller un peu plus vers le sud, dans les gorges de Taroko et donc m’éloigner de la tempête une douzaine d’heures avant qu’elle n’éclate. Tout dépend de mon train s’il sera annulé ou pas.

Comment ça, aller dans des gorges lors d’un typhon n’est pas une bonne idée ? :)

Au revoir la Chine, bonjour Taïwan !

Ça y est, j’ai quitté la Chine communiste de Mao Zedong pour rejoindre la république démocratique de Tchang Kaï-chek ! C’est avec un grand plaisir que je retourne dans cette île très séduisante par beaucoup d’aspects.

Dès les premières heures, les différences avec la Chine continentale me frappent déjà. Certes, ce n’est pas mon premier séjour à Taïwan, mais au bout de 10 mois je m’étais habitué au standard chinois.

Première chose, le bruit. Ici les gens parlent tout bas. On ne vocifère pas, on n’hurle pas dans son téléphone, on n’appelle pas la serveuse en s’époumonant, bref, on respecte les gens autour de soit. Ahhhh, quel confort pour mes oreilles ! Deuxième point qui m’interpelle : les gens sont très polis et éduqués. J’ai passé presque un an en Chine et a aucun moment un badaud chinois ne m’a souhaité la bienvenue dans son pays. En 48h on me l’a souhaité 3 fois ici, à Taïwan. Je cherche des yeux une poubelle, quelqu’un m’en indique déjà une. Les gens ne crachent pas, ou très peu. La seul cas où j’ai eu droit à de pareilles considérations avec des inconnus en Chine, c’est lorsqu’il y a de l’argent en jeu et rien d’autre !

La Chine ne tient pas non plus la comparaison sur les infrastructures, la propreté ou les transports. J’ai été impressionné par les bus publiques flambants neufs avec sièges en simili-cuir larges et confortables, le tout climatisé bien sûr.

Taipei

Mais bon, tout ça on le savait déjà, rien de nouveau sous le soleil.

Le soleil ? Ah oui ! le soleil !

J’avais oublié à quel point il fait chaud, très chaud à Taïwan ! Alors que j’arrivais tant bien que mal à supporter 35°C à Shanghai, ici cette même température se transforme en 42°C en température ressentie à cause de l’humidité. Depuis que je suis arrivé, l’humidité oscille entre 60% en journée et 90% la nuit. C’est étouffant. Heureusement tout est climatisé, mais je me demande bien comment faisaient les taïwanais quelques décennies auparavant…

Voilà, le cadre est posé, c’est partit pour 3 semaines !

Demain je prend le train en voyage solo pour le sud de l’île, j’espère y trouver de belles plages :)

Temple Longshan

Parlons religion.

A Taïwan, 90% de la population pratique la religion traditionnelle chinoise qui intègre des éléments bouddhistes et taoïstes, des principes confucianistes et des traditions locales. (wikipedia)

Le reste se divise entre christianisme (majoritairement) et l’Ikuan Tao ou le Wang Ye. La famille de Shannon est justement chrétienne et j’ai d’ailleurs été invité à un regroupement chrétien familial. C’était intéressant mais je ne pense pas écrire un article à ce sujet :)

Curieux de visiter un temple bouddhiste, j’ai sorti mon guide de tourisme à la recherche d’un lieu de culte. Le Longshan temple s’est alors révélé une excellente destination. Vers le coeur de la ville : il était facile d’accès. Un coup de métro et j’y suis.

Comme pour le Chiang Kai-Shek memorial, on rentre sur le site en passant sous une arche.

Si vous avez l’oeil fin, vous pouvez apercevoir au dessus de chaque pilier une croix gammée. Surprenant au départ… mais il faut savoir que le bouddhisme utilisait ce symbole bien avant Hitler. Amusant de savoir que le même symbole peut avoir deux significations radicalement opposées ! Je suis d’ailleurs tombé sur un vendeur de croix gammées (nazies celles-là) à un marché… Ils ont pas du tout le même ressentit que nous par rapport à la seconde guerre mondiale.

Je suis sympa, je vous met un gros plan :

On continue la visite. Les décorations sont, je dois dire, assez fantastiques. Énormément de couleurs et de détails. J’ai du mal à décrire, le mieux c’est que je vous mette les photos. N’hésitez pas à cliquer dessus pour les agrandir.

La photo au dessus est le lieu de prière principal, la photo du dessous sont les personnes en train de prier devant. Beaucoup portent de l’encens dans leur mains.

Il semblerait que certains autels soient destinés à certaines choses, comme par exemple la fertilité. Sur la photo du dessous vous remarquerez en premier plan des offrandes de nourriture et des fleurs. Il faut savoir que j’ai fait cette visite un vendredi, qui est le jour des « fantômes » à Taïwan. Le vendredi, il est possible d’offrir des choses à ses proches décédés. Cela leur permettra une meilleure vie dans l’au-delà. Deux types d’offrande : soit de la nourriture, il faut alors la déposer sur une table devant l’autel. Soit tout le reste : argent, voiture, maison… tout cela est imprimé sur papier et il suffit de le brûler aux endroits prévus à cet effet. J’ai même vu des cigarettes se consumer comme on brûle des bâtons d’encens. 

Voici une meilleure photo d’autel d’offrande devant le temple, mais celui là est tout petit :

Continuons avec ce magnifique dragon, sur un toit :

On ressort, la photo du dessus ou est une vue extérieure. Admirez tous les décrochements dans la toiture !

Et pour finir, une bien belle fontaine que j’ai voulu immortaliser. Puis je suis né l’année du dragon, je les aime bien ! :)

Retour au monde réel, on débouche sur cette rue. Sacré contraste…

 

 

 

Du vélo au scooter, vers le Water Park

Au programme du jour : tour de vélo le long du Xindian Stream. La ville a aménagé pas mal de pistes cyclables, en particulier le long des rivières. Le frère de Shannon est partant pour aller taquiner la piste cyclable avec moi. On décide de partir le matin, pour éviter les fortes chaleurs.

C’est bien tout ça, mais comment on se rend à la rivière ? Mais en scooter pardi !

Ni une, ni deux, on se retrouve en bas de l’immeuble en tenue de sport. Kuei-Shin me tend alors un casque, on enfourche son Yamaha et roulez jeunesse !

A ce moment là nous empruntons des petites routes sans grande circulation. Nous nous dirigeons vers la rivière la plus proche, pas très loin de notre immeuble. Il est 9h30 mais il doit déjà faire 30°C ! Heureusement, le vent induit par la vitesse aide à nous rafraîchir.

C’est là que j’aperçois la « rivière ». Celle-ci est vraiment petite, mais il y a un énorme no man’s land de chaque côté. Très probablement pour absorber les crues (typhons, orages…), la taille de la rivière doit quintupler à ce moment là. Mais pas de chance, on apprend sur place qu’il n’y a plus de location de vélo car le précédent typhon à tout détruit. Ah ouais quand même…

Mon comparse me propose alors de remonter sur notre terrible deux roues pour se rendre bien plus loin vers le coeur de la ville. C’est là que la partie amusante commence.

Au fur et à mesure qu’on pénètre à l’intérieur de la ville, la densité de circulation croit énormément. Avec une dextérité étonnante, Kuei-Shin se faufile entre bus, voitures, scooters… A chaque feu rouge, on remonte entre les voitures pour se mettre juste devant le feu et même le dépasser. On se retrouve rapidement à vingt, trente scooters à attendre au feu rouge. Chose amusante : il y a un compte à rebours pour savoir quand le feu passe au vert. C’est à ce moment là que je me suis cru dans une course de motos.

3…2…1…

Go !

Tout le monde s’élance, certains tout droit, certains de travers car ils tournent, certains à plein régime, certains à leur rythme. Ça pétarade, ça pue, ça klaxonne ! mais ça tombe pas. C’est là que j’ai eu une bonne illustration de la théorie du chaos :)

J’étais dedans ! Traverser Taipei en scooter était vraiment une superbe expérience, bien que je ne le ferais pas tout les jours.

On double des bus roses, des camionnettes « pick-up », des scooter qui ont embarqué le toutou avec. Virage à droite, petite ruelle, puis on débouche à nouveau sur une grande artère et nouvelle course au feu rouge.

Ainsi de suite jusqu’à notre but final, il est temps de se garer. J’ai pris une photo :)

Mais pas de chance, notre seconde destination, un petit loueur de vélo privé, n’est pas encore ouvert. Quelques centaines de mètres plus loin on trouve alors un loueur « public » (de la ville) mais pour une raison obscure était lui aussi fermé. Surprenant quelque chose de fermé à Taipei… Comble de malchance…

Tant pis, le vélo tombe à l’eau, on se rabat sur le Water Park. (ahah)

Le Water Park c’est tout ce qui touche à l’eau. Du musée de la station de pompage aux jeux dans l’eau pour enfants. J’ai donc pu y voir des vieilles machines dont le rôle précis m’a quelque peu échappé. Il faut dire qu’à ce moment là il faisait bougrement chaud. Les gouttes de sueurs qui perlent le long l’épine dorsale, c’est mes préférées… Bon, je pense tout de même avoir compris que c’était des pompes. Elles étaient en service vers 1920 pour certaines.

Le fameux made in Taïwan !

Des superbes livres à couper le souffle !

On ressort du musée, toujours la chaleur étouffante mais j’ai pu me rafraîchir un peu en faisant comme cette jeune fille :)

Pour finir, une balade dans la jungle mais attention aux serpents !

Il nous reste plus qu’à retrouver le scooter…

Chiang Kai-Shek Memorial

Un peu d’histoire.

Chiang Kai-Shek, militaire et politicien chinois, fut président de la première république chinoise puis premier président de la république de Chine à Taïwan. C’est lui-même le fondateur de Taïwan.

Un peu avant 1950, Chiang tente d’éradiquer les communistes de Mao Zedong, mais ne parvient pas à ses fin. En 1949, il démissionne de son poste de président de la république de Chine et se repli à Taïwan. Il reste président de Taïwan jusqu’à sa mort en 1975, son gouvernement et de type autoritaire : parti unique et loi martiale.

En 1978 la démocratie commence pour de bon avec son fils qui lève la loi martiale.

Ce monument est donc dédié à sa mémoire, à la fondation du pays. On rentre sur le site en passant sous une gigantesque arche.

Deux bâtiments tout aussi démesurés se dressent à votre gauche et à votre droite, avec des jardins qui les entourent.

Vous avez remarqué, il y a toujours cette andouille d’occidental qui se met sur mes clichés ! C’est pas croyable…

Enfin, au bout du jardin, vous trouverez le mémorial en lui-même. (j’ai réussi à semer le blanc-bec sur cette photo ! )

On traverse les jardins et se retrouve au pied du bâtiment. (encore lui !)

Le crépuscule est là. La place centrale est tellement gigantesque que le temps de la retraverser la nuit est déjà tombée.

Maokong Gondola

Dès le premier jour je ne me suis pas laissé abattre ni par la chaleur, ni par les 30 heures sans dormir : nous avons pris le Maokong Gondola. C’est un téléphérique qui permet de grimper dans la montagne avoisinante. Pour rappel l’ile de Taïwan est très montagneuse.

Nous sommes donc montés à … accrochez vous … 300 mètres d’altitude !  C’est d’ailleurs avec ce téléphérique que l’on accède au zoo de Taipei. En haut ça m’a semblé très authentique, beaucoup de restaurants et même un barbecue le long du trottoir.

Notre restaurant était amusant : il fallait grimper une petite passerelle en bois sur une trentaine de mètres, à flanc de montagne. On passera sur le fait que les barrières le long de la passerelle m’arrivaient au genou… On rigole pas avec la sécurité ici ! On arrive alors sur une terrasse, toujours en bois, qui offre une vue magnifique sur Taipei.

Le repas était bon, mais j’ai été surpris par un légume extrêmement amer qu’on trouve dans la soupe de poulet. Mes amis se sont bien payés de ma tête quand ils m’ont proposé d’y gouter avec un grand sourire !

Il est temps de retourner au bercail, on se laisse glisser une seconde fois le long du câble du téléphérique, en admirant la vue qui s’étale sous nous pieds.

Arrivée à Taipei

Me voilà arrivé !

Ce billet sera court car mon premier soucis sont les prises électriques. Il faut bien sur un adaptateur pour brancher mon ordinateur. Ça semble être deux broches plates parallèles, type USA si je me trompe pas. Mais sans terre, dans l’appartement où je me trouve.

Le voyage en avion, bien que très long était supportable. Mais n’ayant réussi à trouver le sommeil je suis arrivé comme un zombi à l’aéroport de Taoyuan ! Qu’importe, j’avais droit à mon comité d’accueil : une jolie taïwannaise répondant au nom de Shannon. Un quart d’heure de bus, 20 minutes de MRT, une côte à monter à pied et me voilà arrivé. Trempé de sueur… Le long du trajet les paysages étaient plutôt dénaturés par des immeubles vétustes, mais les massifs montagneux relèvent le niveau. Des photos plus tard !

Mais la chose la plus prenante est bien-sûr la chaleur et l’humidité. A mon arrivée il faisait à peine 28°C, mais une petite pluie a tout détrempé et rendu l’air complètement saturé d’humidité. Un peu soif ? Il suffit de respirer à grand poumons et on est hydraté !

Bien heureusement tout est climatisé, vraiment tout… même certains bus qui semblent d’un autre âge en sont équipés.

En tout cas je suis bien arrivé, un peu dur le décalage horaire mais à par ça je suis très bien reçu. C’est parti pour l’aventure !